Raymond Poïvet

Né le 17 juin 1910, à Cateau-Cambrésis (Nord).

Après un passage éclair aux Beaux-arts, Raymond Poïvet pratique la peinture, la sculpture et l’architecture décorative, puis s’oriente, en 1938, vers la publicité et le dessin de mode. Lorsque la guerre survint, il est obligé de se recycler, dès 1940, dans la bande dessinée, en mettant en images divers récits édifiants dans Les Grandes Aventures, aux éditions Mondiales de Cino Del Duca (L’Aventureux, puis dans L’Audacieux, Hurrah !, Les Belles Aventures et L’Intrépide), ou dans Le Téméraire. À la Libération, en 1945, il travaille pour la revue d’obédience communiste Vaillant, notamment en réalisant la série de science-fiction « Les Pionniers de l’Espérance » avec le scénariste Roger Lécureux. Entre 1945 et 1949, on le retrouve également dans les récits complets des Collections du Conquérant, Robin l’Écureuil, O.K. (« Marc Reynes »), Kid Magazine, King Kong, Coq hardi (« Maquis contre SS » écrit par Lucien Bornert et « Colonel X » sur scénario de Marijac)… Par ailleurs, il fonde, en 1947, un atelier au 10 rue des Pyramides à Paris (appelé Studio Trèfle puis Atelier 63), lieu de discussions et d’échanges où se formeront nombre d’auteurs aujourd’hui célèbres. Dans les années cinquante, il accepte de travailler sur des illustrations de presse et de longues bandes dessinées sentimentales dans divers magazines féminins comme Bonnes Soirées, À tout cœur, Lectures d’aujourd’hui, La Vie en Fleur, Ménagère, Intimité ou Nous Deux. Pour le journal Tintin, il publie surtout une série publicitaire réalisée pour la Simca Aronde et mettant en scène L’Agent P.60, en 1959. Il dessine aussi bien d’autres bandes dessinées pour différents magazines : Pilote (« Mark Trent », de 1959 à 1960, et, bien sûr, « Allô ! D.M.A. », les aventures de Guy Lebleu écrites par Jean-Michel Charlier, entre 1961 et 1967), L’Humanité (« Mam’zelle Minouche », scénarisées par Roger Lécureux, de 1961 à 1964), Télé 7 Jours (« Les Copains » de Jean Canolle, en 1962), Chouchou (« P’tit Gus et ses mystères », scénario de Rémo Forlani, en 1964), Total journal (en 1969)... Les années soixante-dix sont, pour lui, des laboratoires graphiques expérimentaux — d’autant plus qu’il se retrouve brutalement congédié, sans explication, par les éditions Vaillant, en septembre 1973 — en publiant dans Comics 130 (1971), Lucky Luke (« Tiriel », sur scénario de Jean-Pierre Dionnet, en 1974), les fascicules didactiques de L’Histoire de France en bandes dessinées (entre 1976 et 1978) ou de La Découverte du monde (en 1979) des éditions Larousse, L’Écho des savanes (1976), Circus (« L’Échiquier cubique », en 1977, où il devient son propre scénariste), Neutron (« Opus 4 », en 1980)… Il revient, toutefois, à des productions plus classiques, comme les albums « Histoire de la Chine » (en 1981) et « Découvrir la Bible » (en 1983 et 1984) également édités par Larousse, des récits complets publiés dans Okapi des éditions Bayard (en 1987 et 1989) ou l’adaptation, par Marc David, de « La Flûte enchantée », en 1985, pour Alliance Media (RTL éditions) : une tentative pour mettre en valeur les grands opéras classiques en BD. Avant son décès, le 29 août 1999 (à l’âge de quatre-vingt-neuf ans, à Nogent-le-Rotrou, en Eure-et-Loir), Raymond Poïvet en dessine un deuxième album (« Faust », adapté par le scénariste Rodolphe) qui ne fut pas publié, l’entreprise n’ayant pas eu le succès escompté. On a longtemps pensé que les planches étaient perdues, mais son fils Dominique a fini par les retrouver et l’album est sorti, plus de vingt ans après, en 2007, aux éditions du Seuil.


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